temps de paix 1945 a aujourd'hui

TEMPS DE PAIX
DEPUIS 1945

 

La guerre de Corée prend fin en 1953, mais on est alors en pleine guerre froide. Tous ceux qui vivent à l’époque craignent effectivement l’imminence d’un conflit de plus grande ampleur en Europe entre les superpuissances. Le Canada, en sa qualité de membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (créée en 1949), accepte de fournir un groupe-brigade d’infanterie et une escadre aérienne pour service permanent en Europe. De nouveaux bataillons sont constitués tandis que les forces armées canadiennes connaissent une expansion sans précédent en temps de paix.

Mary Wuttunee, membre de la bande de Red Pheasant en Saskatchewan, s’enrôle dans l’aviation vers le milieu des années 1950 à l’âge de 21 ans. « Ça ne plaisait pas beaucoup à ma mère, se rappelle Wuttunee. Elle pensait que ce n’était pas la place d’une femme. » Mais les deux frères de Mary s’étaient déjà enrôlés dans l’armée et elle a une soeur plus jeune dans l’Aviation et une autre dans la Marine. « Nous devions avoir du sang de guerrier », déclare-t-elle. Néanmoins, la vie militaire est pour elle « assurément un choc culturel » :


Nous sommes arrivés dans un endroit où nous n’étions jamais allés, les gens ne parlaient pas anglais à Montréal. Quand vous leur demandiez quelque chose, ils ne comprenaient pas ce que vous vouliez. C’est pourquoi je détestais Montréal, de même que de me faire crier après pendant les exercices par un petit s/off [sous-officier] parce que je n’avais pas le pas et ma soeur n’avait pas non plus le pas, pas plus que ma tante. On vous menaçait continuellement de vous attacher par deux avec un câble pour que vous suiviez les autres. Nous n’étions pas habituées à nous faire crier après, surtout par des hommes, peut-être par notre mère, mais pas par notre père. Il n’a jamais crié après nous, il ne croyait pas à cela. Alors, tout à coup, on arrive à Saint-Jean (Québec), sur un terrain d’exercice où tout le monde crie. Ça a été tout un choc. Je détestais tant cela qu’au bout de trois semaines, j’ai rédigé une lettre de démission que j’ai montrée au professeur d’éducation physique, un caporal. Je lui ai dit que je voulais lui montrer quelque chose et je lui ai demandé de m’aider. Il m’a répondu « Bien sûr ». Je lui ai donc montré ma lettre de démission et il s’est roulé par terre à force de rire. Et chaque fois qu’il me regardait, il pouffait de rire et je le regardais faire et quand il a cessé de rire, je lui ai demandé : « Qu’y a-t-il de si drôle? » Il m’a répondu « Mary, tu ne peux pas démissionner. » Je lui ai dit : « Comment cela, je ne peux pas démissionner? Je viens de le faire; j’ai ici ma lettre pour le prouver. » Je ne m’étais pas rendu compte que je ne pouvais pas démissionner. J’étais dans l’armée.

« Lorsque je me suis enrôlée dans l’Armée… quand j’ai obtenu ma commission… je travaillais… aux Affaires indiennes… Je fréquentais encore l’école de commerce…
le Colonel Patrick… le colonel du Governor General’s Foot Guards… m’a demandé si j’aimerais me joindre au CWAC… J’ai répondu : « bien sûr »… C’était un groupe
entièrement composé de femmes, voyez-vous; il a été formé en 51 pour qu’il soit possible d’employer des femmes… dans le Corps blindé… J’ai toujours travaillé dans la salle des rapports, où c’était uniquement du travail administratif. J’avais l’habitude d’aller
voir les membres du 30e Régiment d’artillerie de campagne et [de présenter] tous leurs dossiers… J’avais été bien formée. J’étais sergent-major. Je savais ce que je faisais… Lorsque j’ai commencé… en 51… j’étais soldat. J’ai travaillé dur pour obtenir tous mes grades successifs, jusqu’à ce que je devienne sergentmajor… C’était tout juste avant que j’obtienne ma commission d’officier. Sous-lieutenant et lieutenant le même jour… Je m’occupais de tout ce qui était administratif… Parfois, je devais travailler jusqu’à quatre heures du matin… Il y avait environ 400 personnes dans le camp… et il fallait tout faire… J’aimais mon travail pendant que j’étais dans l’Armée. Mais j’étais contente d’en sortir. J’avais l’habitude de passer beaucoup de temps libre là-bas. Même lorsque je n’y étais pas obligée, car il y avait tant de travail à faire. »

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Wuttunee sert dans l’aviation pendant trois ans à Cold Lake, où elle est chargée d’analyser les trajectoires des missiles et des avions à réaction, avant de travailler dans le civil chez Computing Devices of Canada (CDC) jusqu’en 1960. « Je crois que cela m’a inculqué une attitude très positive parce que personne ne m’a jamais dit : “ Mary, tu ne peux pas travailler sur l’ordinateur parce que… ” », dira-t-elle plus tard. « Quand vous vous enrôliez dans les forces armées, dans une base aérienne […] vous étiez une personne comme les autres, c’était cela qui était différent. Les gens vous acceptaient pour ce que vous étiez. »

Les statistiques militaires compilées pendant la guerre froide ne distinguent pas entre les Autochtones et les non-Autochtones, et il n’existe donc pas pour cette période de chiffres fiables concernant le nombre de militaires autochtones. Des données non scientifiques permettent de croire que les Autochtones ont continué de se porter volontaires pour servir leur pays tout comme pendant les guerres mondiales. Des unités d’infanterie comme The Algonquin Regiment, The Royal Winnipeg Rifles et The Regina Rifle Regiment, qui recrutaient dans des régions rurales comptant une population autochtone assez importante, sont représentatives de cette participation. L’Indian News, mensuel des Affaires indiennes qui paraît du milieu des années 1960 jusqu’au début des années 1970, met en relief la participation des Autochtones à divers aspects de la vie nationale au Canada, y compris le service militaire. On y retrouve souvent de courts portraits d’hommes et de femmes comme l’aviateur- chef K.N.B. Bannab, technicien en photographie à la 1re Escadre de l’Aviation royale du Canada à Marville, en France, le sergent John Martin, des Six-Nations, au sein du 1er Bataillon, The Royal Canadian Regiment, qui sert avec son bataillon à Chypre en avril 1967 en tant que tambour-major, l’aviatrice-chef Geraldine Restoule, une Ojibway de la réserve Dokis dans le Nord de l’Ontario, le sergent Ernie Simpson (bande d’Okanagan de Vinfield, en Colombie-Britannique), qui fait partie du Corps royal canadien des ingénieurs électriciens et mécaniciens, et le soldat Dolphus L’Hirondelle (un Cri de Lac Ste. Anne, en Alberta), membre du Corps royal de l’intendance de l’Armée canadienne, qui servent tous deux dans la 13e Compagnie de transport à Edmonton en Alberta.


« Nous avons déménagé au cap Croker [lorsque j’étais jeune]. Nous nous sommes adonnés à l’agriculture jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale. Mon père a été blessé en Italie… Cinq membres [de la réserve] ont été tués… au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Huit pendant la Première … Par le passé, les membres de notre collectivité se sont toujours portés volontaires pour servir dans les forces militaires et tous ici sont très fiers de ce fait.
Je voulais marcher sur les traces de ma famille; je crois que c’est la principale raison [pour laquelle je me suis enrôlé en novembre 1951] et je voulais voir du pays, ce que j’ai fait.
[Je préférais l’Aviation;] à mon avis, c’était le meilleur service. Je n’avais pas envie de défiler au pas dans l’infanterie ni de m’enrôler dans la Marine… [Mon expérience dans les forces m’a aidé à] m’organiser et me discipliner. Une fois ma période de service terminée, j’ai occupé un
poste de conseiller ici, dans la réserve, pendant plusieurs années et j’ai été président de notre conseil scolaire. »

Encore une fois, l’étendue de l’expérience complique toute généralisation. Harvey Horlock, de Toronto, dont la famille a une longue histoire de participation militaire qui remonte jusqu’à la guerre de 1812, se joint au Toronto Scottish Regiment en septembre 1952. « La guerre de Corée battait son plein et, bien sûr, tous voulaient être dans l’armée », explique-t-il. Et comme la plupart de mes oncles servaient dans l’armée, celle-ci m’attirait comme un aimant. » En tant que réserviste, il suit plusieurs cours d’instruction relatifs à la guerre froide, qui portent notamment sur « la guerre atomique, chimique et biologique » et « les noeuds et les liens ». Les premiers traitent de la protection d’infrastructures comme les réseaux de distribution d’eau contre les attaques biologiques, et les seconds préparent les réservistes au contrôle des foules et aux opérations de secours requises en cas d’évacuation forcée de cités ou villes à la suite d’une attaque atomique. Par bonheur, il n’y aura pas de catastrophe nucléaire, mais quand l’ouragan Hazel ravage le Sud de l’Ontario en 1954, on fait appel au Toronto Scottish Regiment pour assister les autorités civiles dans la recherche de corps et de survivants. Joe Meconse, né sur le territoire de piégeage de son père près de Churchill, au Manitoba, entre dans la milice en 1960 et, deux ans plus tard, il s’enrôle volontairement dans la Force régulière. Il sert en qualité d’« aide au pouvoir civil » pendant la Crise d’octobre en 1970. « C’était des circonstances très regrettables […] un des plus tristes épisodes de ma carrière militaire, avoue Meconse, quand il m’a fallu porter une arme chargée dans mon propre pays et la pointer sur mes concitoyens, mais il fallait le faire. »

D’autres militaires autochtones des deux sexes sont envoyés outre-mer. Ernest Nadjiwan « veut marcher sur les traces de sa famille » quand il entre dans l’armée en 1951. En 1963, il sert au Yémen, « à ses yeux, un terrible endroit où aller », dominé par les « trois M – moustiques, malpropreté et malnutrition ». Joe Meconse fait partie du contingent de l’ONU à Chypre de septembre 1964 à mars 1965. « Je me trouvais dans les avant-postes […] il fallait s’assurer que les Chypriotes et les Grecs [restaient] de leur côté, et les Turcs, du leur, explique-t-il. Nous étions au milieu. C’était notre principal rôle, de les empêcher de se rejoindre, de maintenir la paix. » Bob Ducharme, de Nanaimo, en Colombie-Britannique, sert aussi à Chypre et il évoque ses bons rapports avec les habitants :


J’y avais plusieurs amis […] j’avais un endroit favori dans la vallée où j’aimais aller; il y avait là un fermier qui avait l’habitude de m’offrir un café et, après une couple de matins, je garais ma jeep sur le côté de la route, pour que les automobilistes puissent la voir, et j’allais l’aider dans les champs, à couper le grain et tout ça […] C’était bien. J’aimais ça. Seulement pendant une couple d’heures, jusqu’à ce que le soleil soit haut dans le ciel et qu’il fasse trop chaud!

« Nous sommes allés en Angleterre, à Bisley, en 1959. J’étais capitaine de l’équipe de tir
canadienne… les Cadets de l’Armée dans l’ensemble du Canada… Nous avons obtenu la deuxième place; les Anglais nous ont battus par un seul point… et nous concourions contre l’ensemble du Commonwealth… Je n’avais pas vraiment appris à tirer à la carabine ou au fusil de chasse. Jamais je n’ai autant tiré du fusil que lorsque j’étais au pensionnat et j’ai appris à le
manipuler correctement et de façon sûre. Puis, j’ai appris comment enseigner aux plus jeunes
qui venaient derrière nous… Compte tenu de tout ce qui s’est passé aux pensionnats… il y a
eu des choses vraiment terribles qui se sont produites… J’ai simplement été chanceux
d’avoir vécu des expériences positives la plupart du temps.»

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Gerard Joe, un Mi’kmaq de Conne River (Terre-Neuve), considère son séjour à Lahr, en Allemagne de l’Ouest, auprès du 4e Régiment du génie, comme le point culminant de sa carrière. « On était en pays étranger et cela rendait l’entraînement […] plus réaliste », se rappelle-t-il. Dans ses temps libres, il voyageait et voyait « des choses dont parlent les livres d’histoire », comme le Rhin, Munich et le château du roi Louis de Bavière.

L’adaptation à la vie militaire peut être difficile, mais celle-ci est source d’aventures et d’épanouissement personnel. Joe John Sanipass, de Big Cove, au Nouveau- Brunswick, est dérouté par la discipline sévère, les inspections matinales et le cirage des chaussures, mais au bout d’un certain temps, il rencontre un groupe d’« Autochtones de Saskatchewan […] avec lesquels il s’entend très bien » [traduction]. D’autres sont bien servis en campagne par leurs antécédents. Bill Lafferty, des Territoires du Nord-Ouest, trouve que les « longues, longues heures de clarté en été » et les longues heures d’obscurité en hiver auxquelles il est habitué lui permettent de fonctionner presque n’importe où. Il n’a aucun mal à s’adapter au service dans le désert du Sinaï. Stephen Simon se rappelle un exercice d’entraînement en campagne en 1955; il parlait de sa culture avec un ami curieux et un jour « ils ont pris toutes nos toiles et tout […] J’ai dit : “ Restez avec moi, si vous êtes prêt à travailler dur, nous allons nous amuser et être confortables. ” » Ensemble, ils ont construit un tipi et confectionné une marmite en écorce de bouleau pour faire bouillir de l’eau et cuire un lapin. Wes Whitford, d’Ashmount, en Alberta, estime que ses années dans l’armée lui ont appris à se respecter davantage et lui ont ensuite permis de décrocher de meilleurs emplois. « J’étais capable de composer très bien avec la discipline, explique Whitford, et cela a amélioré ma confiance en moi, je pense. J’ai aimé ça. »

Plusieurs membres des FC voient une étroite filiation entre leur propre service et celui de leurs ancêtres autochtones. « Les gens de mon peuple, les Pieds-Noirs, étaient d’extraordinaires guerriers », explique le major Robert E. Crane (retraité), qui a servi dans le Corps des transmissions en Allemagne, dans le golfe Persique et à Alert, entre autres. Crane, fils d’un ancien combattant de la guerre de Corée, déclare : « Je voulais faire quelque chose de moi-même et entrer dans l’armée me semblait tout indiqué […] La vie militaire m’a permis d’acquérir des compétences précieuses comme l’autodiscipline et la capacité de travailler en équipe. » Le caporal-chef Brian Innes s’engage pour l’aventure. « … L’armée a une influence sur ma famille depuis des générations, reconnaît-il. Mon père a servi en Corée et mon grand-père a fait la Seconde Guerre mondiale, avec d’autres membres de ma famille. Je pense que c’est pour assumer mon héritage et faire honneur à ma famille que j’ai décidé de servir mon pays, ainsi que pour venir en aide à mes concitoyens. »

Ed Borchert, né à Red Deer, en Alberta, s’enrôle en 1964 et reste dans l’armée jusqu’en 1995. « Si je me suis engagé, c’est uniquement pour la paye régulière et pour que ma mère ait une bouche de moins à nourrir à la maison », a-t-il expliqué. Pendant sa carrière, il a « gravi tous les échelons, de caporal suppléant à sergent-major de compagnie », puis, en 1983, il a obtenu sa commission de capitaine avant d’être finalement promu major. Borchert décrit comment le service militaire lui a « donné de l’assurance et de l’autorité. J’ai appris que le soldat était l’élément le plus important de notre armée, qu’il fallait le respecter et voir à ce qu’il soit bien traité tout en respectant les objectifs de l’organisation ». Selon lui, l’un des meilleurs aspects des Forces Canadiennes est le suivant :


que vous soyez autochtone, noir ou pourpre, cela importe peu. La seule chose dont on se préoccupe, c’est si vous faites votre travail. Quand j’étais dans les tranchées, j’étais responsable du type qui était dans la tranchée avec moi et de sa protection. Nous combattions épaule contre épaule avec nos frères, et il n’y avait ni couleur ni race, nous étions tous des soldats, et c’était excellent.

Le passage de Borchert sous les drapeaux lui a insufflé « une grande fierté pour notre armée passée et actuelle » .

L’après-guerre froide

Jocelyn Paul se joint aux réserves en 1988, pendant qu’il fait sa maîtrise à l’Université de Montréal. Après avoir travaillé pour le conseil Attikamek-Montagnais, il décide, en 1991, de passer à la Force régulière, où il devient commandant de peloton au sein du Royal 22e Régiment. Ce n’est pas une période facile : après la crise d’Oka, qui oppose les Mohawks et leurs partisans à la Sûreté du Québec et aux Forces canadiennes dans un long face-à-face, certains soldats « n’avaient pas nécessairement tous une bonne opinion des Indiens ». Avec le temps toutefois, il note que le personnel militaire, très enclin à généraliser au sujet des Autochtones, commence à se rendre compte qu’il s’agit d’une situation complexe qui va au-delà des stéréotypes.

La fin de la guerre froide ne rapporte pas les « dividendes de la paix » espérés. Alors que les Forces canadiennes subissent une période de compression dans les années 1990, la cadence des opérations de rétablissement et de maintien de la paix s’accélère. Des militaires autochtones des deux sexes continuent de servir dans les zones de guerre partout dans le monde. Pour sa part, Jocelyn Paul, alors lieutenant, sert dans le secteur de Krajina, en Croatie, d’octobre 1993 à avril 1994. « La Croatie, la Bosnie c’était vraiment encore la guerre, explique-t-il. Ça fait que j’ai vu les ravages de la guerre, les champs de mines partout, les gens qui étaient affamés, les gens qui n’avaient pas de quoi se nourrir, les gens qui étaient un peu terrorisés par les bombardements; les Croates bombardaient les Serbes et les Serbes bombardaient les Croates. » Après une autre période de service en ex-Yougoslavie, le capitaine Paul devient aide de camp du gouverneur général Roméo LeBlanc de 1995 à 1997. En 1992 et 1993, le caporal Corena Letendre (une Anishnawbe de la Première nation de Pinaymootang, au Manitoba), qui sert alors dans le 2e Bataillon des services, est envoyée au Cambodge pour encadrer les élections dans ce pays. « Nous transportions les fournitures d’une région du pays à l’autre, explique-t-elle. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest du pays, aux villes portuaires, dans le Nord du pays. Nous faisions à peu près n’importe quoi, en commençant par approvisionner les bureaux de vote de l’ONU et assurer la tenue d’élections libres et équitables ». Elle travaille aussi comme bénévole dans un orphelinat local, « prenant soin des bébés qui s’y trouvaient, de nombreux tout-petits, et je changeais leurs couches ou j’aidais à leur administrer leurs médicaments, ou encore je les enduisais de pommade ». La fille de Letendre est toujours au berceau quand celle-ci est envoyée au Cambodge, de sorte que ses visites « pour aller s’occuper de ces tout-petits servaient d’exutoire à son amour maternel » .

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