guerre des boers 1899 - 1902

LA GUERRE DES BOERS
1899 - 1902

La guerre des Boers, qui a sévi de 1899 à 1902, a opposé la République des Boers d'Afrique du Sud (l'État libre d'Orange et le Transvaal) à la Grande-Bretagne, qui a, à cette occasion, sollicité l'aide militaire du Canada et d'autres membres du Commonwealth.

Cette guerre a constitué le premier conflit outre-mer auquel le nouveau Dominion du Canada a été appelé à participer. Elle a provoqué des sentiments partagés au sein de la population - des citoyens favorisaient la loyauté envers l'Empire britannique et d'autres avaient le sentiment que la sécurité du Canada n'était pas directement menacée et que le fait de dépêcher des troupes pouvait créer un précédent pour ce qui est des interventions futures.

Les troupes canadiennes ont participé et contribué à la victoire britannique ainsi qu'aux activités d'après-guerre. Parmi les 7000 à 8000 hommes et les 16 infirmières qui ont servi, on a enregistré entre 200 et 300 pertes de vie.

Sur le plan national, cette guerre a été considérée comme un événement de première importance; l'Annuaire statistique du Canada, éditions de 1899, de 1902 et de 1903, comprenait un résumé des événements militaires qui mentionnait notamment que « la guerre en Afrique du Sud est un événement marquant de l'histoire du Canada… ». Cet événement a eu des répercussions sur le front intérieur. Bien que des foules importantes aient salué le départ et le retour des troupes canadiennes et qu'on ait demandé à des hommes, à des femmes et souvent à des enfants de travailler bénévolement, l'un des résultats directs de la participation canadienne à cette guerre a été d'aiguiser le sentiment d'indépendance du pays au sein de l'Empire britannique et de favoriser la mise en place de forces armées mieux organisées.

« La fibre patriotique des Canadiens a commencé à vibrer dans tous les cœurs. Au-delà de toutes les autres conséquences de ce conflit, il ne faisait pas de doute que le Canada en tant que nation renforçait sa confiance en soi. »

Les derniers Boers se rendirent en mai 1902 et la guerre se termina officiellement avec le Traité de Vereeniging à la même date.

Nous ne connaîtrons malheureusement jamais le nombre exact de recrues autochtones qui servent dans les troupes canadiennes en Afrique du Sud, car l’enrôlement se fait de façon individuelle et l’origine raciale n’est pas précisée dans les documents d’enrôlement. Ceux qui s’enrôlent le font à titre individuel et certains ont l’expérience de la milice. Il est possible que certaines unités de milice canadiennes en aient recruté quelques-uns en considérant que leur culture et les connaissances acquises dans leurs tribus les préparaient particulièrement bien à remplir des fonctions nécessaires comme celles d’éclaireurs et de tireurs d’élite, mais il ne s’agit que de conjectures.

 

Il y a au moins une tentative pour inclure une unité autochtone dans le corps expéditionnaire canadien. Dès 1892, une compagnie ohsweken (Six-Nations) du 37th Haldimand Battalion of Rifles est rassemblée. Toutefois, les tentatives de transfert en bloc de la compagnie de milice dans l’un des contingents canadiens recrutés pour combattre en Afrique du Sud échouent. Il est possible que le rapport d’un agent des Affaires des Sauvages qui fait état de « rumeurs circulant dans le Nord-Ouest selon lesquelles des Indiens voudraient se joindre aux forces des Boers dans le Transvaal » ait fait craindre au gouvernement qu’en fin de compte, les Indiens n’utilisent contre l’État l’entraînement et l’organisation militaires modernes qu’il leur aurait fournis.

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L’un des volontaires est le soldat Walter White, de la bande wendate (Hurons) émancipée d’Anderdon, près de Sarnia en Ontario. Il s’enrôle dans le 2e Bataillon (service spécial), Royal Canadian Regiment of Infantry, et fait partie du premier contingent; il avait été auparavant sergent du drapeau consacré au sein du 21e Bataillon des Essex Fusiliers. Comme bien d’autres volontaires pour l’Afrique du Sud, il accepte de sacrifier son grade pour s’enrôler. Malheureusement, ce jeune homme de 19 ans est tué au combat « à moins de 20 mètres des tranchées boers et bien avant tout autre soldat britannique » à la bataille de Paardeberg en Afrique du Sud, le 18 février 1900.

 

Ceux qui s’enrôlent au Canada s’épargnent au moins l’humiliation infligée à John Brant-Sero, un Mohawk de la rivière Grand, qui se rend en Afrique du Sud pour s’enrôler dans une unité britannique :

 

 J’arrive tout juste d’Afrique du Sud, déçu à bien des égards, mais je ne désire pas que ces lignes soient interprétées comme un grief. J’ai quitté le Canada pour aller dans ce pays en espérant pouvoir m’enrôler dans les fusiliers montés; cependant, n’étant pas d’ascendance européenne, on m’a refusé de servir la cause de Sa Majesté comme l’avaient fait mes ancêtres au Canada […] Je suis un Canadien trop authentique.

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